Pourquoi les autoroutes françaises portent-elles des noms comme A7 ou A10 ?
Si les premières autoroutes voient le jour en Italie, aux États-Unis et en Allemagne dans les années 1920, la France met plus de temps à adopter ce modèle. Sous l'effet de l'essor de l'automobile, les premiers grands axes apparaissent autour de Paris avant de se développer après la Seconde Guerre mondiale. L'historien Mathieu Flonneau revient sur cette évolution et sur l'origine de leur numérotation.
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La construction de l'A7 en 1964.
« Les premiers pays dans les années 1920 à les développer véritablement, c'est l'Italie, les États-Unis d'Amérique et bientôt l'Allemagne », rappelle Mathieu Flonneau, enseignant-chercheur à l'Université Paris 1 et spécialiste de l'histoire des mobilités. Selon lui, le modèle italien de ‘‘l'Autostrada’’ constitue une véritable référence. « La France, elle, avec un fort réseau routier, estimait n'avoir pas besoin de ces autoroutes. Or la pression automobile, au cours des années 1930, va rendre le modèle crédible », explique-t-il.
Les premiers projets français se concentrent alors en région parisienne. L'actuelle autoroute de Normandie figure parmi les pionnières. « C'est vers l'Ouest que celle que l'on appelle aujourd'hui l'autoroute A13 est l'une des premières à être réalisée. Un tout petit morceau existe avant la Seconde Guerre mondiale », précise l'historien.
Le développement du réseau s'accélère surtout après le conflit. « La floraison de cette forme de route, ce sont les années 1950 », souligne Mathieu Flonneau. À cette époque, les grands axes rayonnant autour de Paris se multiplient, notamment vers le nord avec l'A1 et vers le sud avec l'A6.
Reste la question de leur appellation. Là encore, l'administration française privilégie la continuité plutôt que l'innovation, indique-t-il : « Cela correspond à cette superposition qui était celle des routes nationales. On prend la continuité sans nécessairement réfléchir à les baptiser de façon nouvelle. »
Une logique qui explique pourquoi les autoroutes françaises ont hérité d'une numérotation directement inspirée du réseau routier existant.
Pour approfondir cette histoire des routes et de leurs équipements, Mathieu Flonneau a publié l'ouvrage ‘‘En tous sens, circuler, partager, sécuriser’’, aux éditions Loubatières.