Pourquoi voit-on des chevreuils désorientés, voire “ivres”, près des autoroutes au printemps ?
Au printemps, certains chevreuils présentent des signes de désorientation, parfois assimilés à une ivresse. Ce comportement s’explique par leur alimentation riche en bourgeons et jeunes pousses, très chargés en sucres, qui fermentent dans leur panse et produisent de l’alcool. À cela s’ajoute une phase de dispersion des jeunes mâles, chassés par leur mère. Ces facteurs augmentent les risques de présence près des axes routiers.
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Raphael Bensasson, de l’Office français de la biodiversité, explique que l’origine est avant tout alimentaire : « Le chevreuil au printemps est très friand des jeunes pousses et des bourgeons qui sont très chargés en sucre. Les aliments vont rester dans sa panse un temps suffisamment long pour entamer un processus de fermentation. Qui dit fermentation en présence de sucre dit production d’alcool. »
Cet alcool n’est pas anodin pour l’animal. « L’alcool va ensuite se diffuser dans l’organisme de l’animal et entraîner un vrai enivrement. On a donc des animaux qui vont être désorientés, et ça va les pousser à fréquenter des lieux sur lesquels ils ne vont quasiment jamais », précise-t-il. Les chevreuils peuvent ainsi se retrouver « sur des parkings, dans des jardins, au bord des routes évidemment ».
Un second phénomène intervient à la même période. « La mère écarte le ou les jeunes de l’année pour pouvoir s’occuper des jeunes à venir », explique-t-il. Ces jeunes chevreuils, soudainement chassés, « peuvent se retrouver au bord des routes par exemple, ils vont un petit peu perdre leurs repères ».
Cette combinaison de facteurs saisonniers accroît les risques de rencontres avec les véhicules. La vigilance reste donc de mise, en particulier au printemps et lors des périodes de forte activité des chevreuils.
Concrètement, lorsque des informations font état d’un chevreuil errant sur une autoroute ou à proximité d’une autoroute, la prudence s’impose. Ces animaux désorientés peuvent traverser soudainement la chaussée ou rester immobiles sur les bas-côtés, sans réaction face aux véhicules. Les automobilistes sont invités à réduire leur vitesse, à redoubler d’attention, notamment à l’aube et au crépuscule, et à signaler toute présence animale.
Raphael Bensasson de l'Office Français de la Biodiversité