Stéphane Grappelli disait de la musique de son ami guitariste, Django Reinhardt, que c'était « un jazz sans tambour ni trompette ». Sur son nouvel album, la chanteuse française Cecil L.Recchia prend le contrepied de la citation du violoniste, puisqu'elle relève le défi audacieux d'adapter les compositions du maître du jazz manouche, avec non seulement batterie et trompette, mais aussi contrebasse et piano.
En lieu et place de guitare, la voix, tout en swing et en scat, de la vocaliste française d’origine italo-espagnole et nord-africaine, habituée des lieux de la scène jazz parisienne, comme Django avant elle : « On a vraiment réorchestré complètement, il y a eu un travail de création énorme parce que l'idée n'était pas de jouer les morceaux à l'identique, et pas non plus dans cette esthétique manouche dont on a souhaité s'affranchir. Nous ce qu'on voulait, c'est faire entendre vraiment la musique de Django Reinhardt, c'est à dire ses compositions, pas forcément son esthétique. C'était un musicien qui avait une ouverture d'esprit incroyable pour son époque et qui écrivait des musiques d'une très grande modernité, d'une richesse inouïe. »
« Ça n'a pas été simple de s'emparer de ce répertoire. Déjà parce qu'on s'attaque à un monument, que l'esthétique du jazz manouche est quand même très marquée, avec des tempi qui sont parfois très rapides. Django a un jeu guitaristique qui peut être extrêmement verbeux, très véloce donc après s'être mis d'accord sur les morceaux sur lesquels on on allait travailler, moi j'ai eu besoin assez vite de m'affranchir de l'esthétique et des orchestrations, donc j'ai vraiment posé les mélodies à plat sur des partitions avec les accords pour pouvoir les entendre autrement, m'en emparer et écrire des textes aussi dessus », explique l'artiste qui écrit exclusivement en anglais. Diplômée de langue anglaise et de littérature américaine à la Sorbonne, elle avoue ne pouvoir chanter le jazz dans cette langue, dont la prose et les sonorités la séduisent.
Dans ses carnets, dans son téléphone, Cecil L.Recchia note, décrit, imagine des histoires. Sa vie personnelle a largement inspiré les paroles de ce 4ᵉ album ‘‘Cecil L.Recchia sings Django Reinhardt’’ (paru chez Label Ouest/L'Autre Distribution). Sur le fameux ‘‘Swing 39’’ de Django, la chanteuse évoque par exemple l'amitié épistolaire qu'elle a entretenue avec un ami américain, pour ‘‘Mabel’’ elle développe le thème de la discrimination, mais la rencontre amoureuse de ses parents trouve aussi sa place sur l'album.
Cecil L.Recchia chante Django Reinhardt
Toute l'élégance et le swing de la chanteuse française pour revisiter des compositions de la star du jazz manouche.
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La chanteuse réinterprète Django Reinhardt version jazz vocal sans guitare et loin du style manouche
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