Au cinéma le 8 avril : Le Dernier pour la Route et L’œuvre Invisible
Un road movie italien centré sur l’errance nocturne de deux amis et un documentaire consacré à un cinéaste aux films inachevés sortent en salles cette semaine. Deux œuvres différentes mais liées par le temps qui passe, les rencontres et la difficulté de créer.
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Le film repose sur un point de départ simple, presque anodin, qui va entraîner les personnages dans une traversée de l’Italie et provoquer une rencontre inattendue entre générations : « le prétexte, c'est qu'ils doivent aller récupérer à l'aéroport de Venise un de leurs amis qui ont pas eu depuis des années. Et puis ils vont embarquer avec eux un un jeune garçon, et voilà. Et ces 3 là sont partis à travers ce bout d'Italie. »
Cette déambulation rappelle d’autres récits de route, tout en affirmant une identité singulière par son ton et ses thèmes : « Ça rappelle le film qu'avait fait Alexander Payne, Sideways, où y avait eu aussi 2 amis comme ça, déambulations dans la Napa Valley. Alors il est italien, mais il pourrait etre britannique par cette capacité à susciter du rire et de l'émotion en meme temps, à parler à la fois des dangers de l'alcoolisme et en meme temps de ces nuits qu'elles permettent ou d'un seul coup ou bien ce qui va se passer, le rapprochement de générations. »
Cette approche a été remarquée dans un cadre festivalier dédié au cinéma italien : « Ça a eu un un prix au festival italien de Wilrupt, qui est un très beau festival qui se déroule en France et qui a voilà d'avoir un prix-là, ça veut dire quelque chose. Voyez, on s'abandonne volontiers avec eux sur ce chemin. »
Changement de registre avec L’Œuvre invisible, un documentaire consacré à un cinéaste dont aucun film n’a jamais réellement vu le jour, et qui interroge d’emblée la frontière entre réalité et fiction : « Que ce ne soit pas un vrai faux documentaire. Ce n'est pas indiqué dans le film, mais si c'était un vrai faux documentaire, ce serait vraiment décevant. Moi, je l'ai vécu comme une histoire vraie, ça peut arriver. »
Le film retrace le parcours d’Alexandre Tranois, réalisateur resté dans l’ombre malgré de nombreuses tentatives et des collaborations prestigieuses : « Alexandre Tranois, c'est quelqu'un qui de 1950 à 1980 a essayé de monter des projets avec Belmondo, avec Rochefort dont il était le mentor, avec Anouk, mais avec Jacques Perrin, et aucun n'a marché. »
La fabrication même du documentaire devient un enjeu, tant le sujet est paradoxal : « Et ce qui est marrant, c'est que ce documentaire a mis 10 ans à se faire et qu'on voit aussi la difficulté qu'ont eu les gens qui font ce documentaire à faire un documentaire sur quelqu'un qui ne fait pas de film [...] Et ce qui est très émouvant, c'est que comme le temps a passé, ceux qui témoignent sont quasiment tous morts. »
Le dernier pour la route
Comédie dramatique de Francesco Sossai avec Filippo Scotti, Sergio Romano, Pierpaolo Capovilla
Carlobianchi et Doriano, deux cinquantenaires fauchés, errent la nuit en voiture de bar en bar, obsédés par l’idée d’un dernier verre, lorsqu’ils croisent la route de Giulio, un étudiant en architecture aussi timide que naïf. Entre confidences et gueule de bois, cette rencontre inattendue avec ces deux mentors improbables va bouleverser la vision que Giulio porte sur le monde, l’amour… et son avenir.
L'Oeuvre invisible
De Avril Tembouret et Vladimir Rodionov avec Jean Rochefort, Anouk Aimée, Jacques Perrin
Alexandre Trannoy. Le nom de ce réalisateur ne vous dit rien ? C’est normal : malgré 30 ans de projets, et de tournages avec Jean Rochefort, Anouk Aimée ou Lino Ventura, Trannoy n’a jamais réussi à terminer le moindre film… Enquête haletante sur un rêveur sublime.