Au cinéma le 1er avril : Plus fort que moi et Yellow Letters
Deux films sont présentés : Plus fort que moi, récit d’un jeune homme atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, et Yellow Letters, drame turc autour de la répression des intellectuels. Deux histoires de lutte, d’engagement et de résistance.
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Il rappelle la tonalité spécifique du cinéma britannique, capable d’aborder des thèmes sensibles sans pathos. Le film s’appuie sur une histoire vraie, traduite en fiction, pour mieux faire émerger ses personnages : « C’est-à-dire cette capacité à partir de quelque chose qui est assez tragique puisque le syndrome de Gilles la Tourette, c'est quelqu'un qui ne peut pas s'empêcher de dire des insanités, surtout quand il stresse et donc dans les situations évidemment les plus impossibles. »
La première scène illustre cette tension constante entre drame et malaise : « On le voit au début du film d'ailleurs, il reçoit une médaille de la part de la Reine et il insulte la reine d'Angleterre. »
Peter Mullan incarne un mentor essentiel dans cette histoire, portée par une performance marquante du comédien principal. Le journaliste insiste : « La performance du comédien est absolument exceptionnelle. »
Il évoque également l’effet produit sur le spectateur, partagé entre rire, gêne et compassion : « Si vous aimez les films émouvants qui vous font rire parfois, vous êtes gêné parce que… la situation est terrible, mais ça passe parce que les Britanniques savent parfaitement faire ce genre d'histoire. »
Le second film présenté, Yellow Letters, plonge dans un tout autre contexte : la Turquie contemporaine et la répression des intellectuels. Le journaliste explique : « Yellow letter, ce sont ces fameuses lettres jaunes de révocation que les intellectuels turcs reçoivent sous le régime de Recep Tayyip Erdoğan encore aujourd'hui. »
Le film, récemment récompensé à Berlin, n’a pas pu être tourné en Turquie. Un détail significatif apparaît dès le générique : « Lorsqu'il y a la liste des acteurs qui passent, on indique aussi que les villes d'Istanbul et d'Ankara sont jouées par Hambourg et Berlin. »
Le récit suit un professeur d’université et une comédienne, confrontés à la perte de leur emploi et à l’exil intérieur. L’enjeu principal est celui de la résistance face à un régime autoritaire. Le journaliste souligne : « La question est : jusqu'où va-t-on lorsqu'on veut se battre contre un régime, jusqu'où va-t-on économiquement, jusqu'où va-t-on aussi dans son couple parce qu'il y aura des fractures, des oppositions, jusqu'où peut-on mener un combat ? »
Il met également en perspective l’engagement du réalisateur et sa manière de filmer les tensions sociales : « Le réalisateur avait fait La salle des profs qui racontait le calvaire du monde enseignant aujourd'hui. Là, il raconte la société turque en général et c'est un grand film politique. »
Plus fort que moi
Biopic (GB) réalisé par Kirk Jones avec Robert Aramayo, Peter Mullan, Maxine Peake, Shirley Henderson
Dans les années 1980, John Davidson grandit avec le syndrome de Gilles de la Tourette, une pathologie encore largement méconnue. Entre incompréhension, stigmatisation et détermination, son parcours d’abord semé d'embûches se transforme en combat pour être reconnu tel qu’il est, au-delà des préjugés.
Yellow letters
Drame turc réalisé par Ilker Çatak avec Ozgu NAMAL, Tansu Biçer
Professeur à la faculté d’Ankara, Aziz reçoit la « lettre jaune » qui lui signifie arbitrairement sa révocation. Quand sa femme Derya, célèbre comédienne au théâtre national, la reçoit à son tour, c’est le coup de grâce pour le couple. L’un et l’autre, condamnés pour leurs idées, sont obligés de se réfugier à Istanbul chez la mère d’Aziz. Le compromis entre cette précarité nouvelle et leur engagement politique va mettre leur mariage à l’épreuve.