Au cinéma le 15 avril : Juste une Illusion et La Corde au Cou
Thierry Chèze revient sur le nouveau film de Nakache et Toledano, Juste une illusion, une chronique familiale située dans les années 80. Il évoque aussi La Corde au cou de Gus Van Sant, inspiré d’un fait réel et centré sur la médiatisation d’une prise d’otage.
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« Leur précédent, Une année difficile, avait connu un insuccès relatif, c’est quand même 900 000 entrées, mais pour eux c’est un insuccès, peut‑être parce qu’il était un peu plus cynique. »
Avec Juste une illusion, les réalisateurs renouent avec un registre plus chaleureux, ancré dans le quotidien et les émotions. Le film se déroule dans les années 80 et suit une famille confrontée à un déclassement social brutal : « Là, on est dans l'éloge du vivre ensemble [...] on est dans les années 80, c’est une histoire de famille dont le père va être déclassé parce qu’il va être brusquement mis au chômage, il n’osera pas le dire à sa femme. »
Le récit se construit autour de plusieurs fils narratifs, mêlant intimité familiale, religion et passage à l’adolescence. Thierry Chèze souligne la richesse de cette chronique : « C’est aussi une histoire de Bar Mitzva, le plus jeune des fils doit faire sa Bar Mitzva et a affaire à un rabbin particulièrement loufoque, c’est aussi un récit initiatique, la première histoire d’amour, bref il y a plein de choses qui se passent avec ce mélange de rire et d’émotions qui fonctionnent totalement. »
Le casting participe à l’équilibre du film, avec un duo central et des seconds rôles marquants. Le critique insiste sur cette alchimie retrouvée : « Avec dans le duo principal le couple formé par Louis Garrel et Camille Cottin, avec en voisin un certain Pierre Lottin qui vient dynamiter tout ça, voilà, vous y allez en douceur, on se sent bien et vraiment les Nakache et Toledano ont retrouvé leur swing. »
Changement total de registre avec le second choix de Thierry Chèze, La Corde au cou, signé Gus Van Sant. Le film est inspiré d’un fait réel survenu aux États‑Unis à la fin des années 70 : « Gus Van Sant, qui a notamment réalisé Elephant, raconte une histoire qui s’est vraiment déroulée en 77, où un homme qui s’était fait arnaquer par une compagnie d’assurance avait pris en otage le fils du patron. »
Au‑delà du fait divers, le film s’intéresse à l’émergence de la médiatisation en continu et à la relation complexe entre les protagonistes et les médias : « Ce qu’on voit à l’écran, c’est le début finalement de la médiatisation, le début des chaînes infos, il y avait trois chaînes à l’époque aux États‑Unis, et comment on essaie de se servir des médias pour faire passer quelque chose. »
Le réalisateur montre aussi les limites de cette stratégie, lorsque l’exposition médiatique finit par se retourner contre ceux qui tentent de la maîtriser : « Et comment les médias finalement finissent par gagner contre vous, avec en plus en second rôle un certain Al Pacino. »
Juste une illusion
Comédie dramatique (FR) de Olivier Nakache et Eric Toledano avec Louis Garrel, Camille Cottin, Pierre Lottin
Nous sommes en 1985, Vincent, bientôt 13 ans, vit en banlieue parisienne dans une famille de la classe moyenne, entre un grand frère distant et des parents en conflit permanent.Alors qu’il n’est « déjà plus » un enfant et qu’il n’est « pas encore » un adulte nous allons partager ses questions et ses doutes sur l’identité, l’amitié, la famille, la religion, le désir et les premiers élans amoureux. Une comédie sur cette période de l’enfance où l’espoir de changer le monde n’était pas ‘‘Juste une illusion’’...
La Corde au cou
Thriller (US) de Gus Van Sant avec Bill Skarsgård, Colman Domingo, Al Pacino
Inspiré d’une histoire vraie. 1977, la relation entre Tony Kiritsis, un ancien promoteur immobilier ayant mis sa tête à prix, et celle du banquier hypothécaire qui lui a fait du tort, exigeant 5 millions de dollars et des excuses personnelles.